L'Histoire du Manoir

En 1628, Françoise Le Gouvello épouse Jean de Marin, sieur de Moncan (près deNîmes), « capitaine au régiment de Champagne, gentilhomme ordinaire de la chambre du Roi ». Par cette union, ce dernier hérite d’une terre à Auray en un lieu agréable, sur la rive droite du Loc’h, dans un quartier occupé au Moyen Age par les lépreux (« cacous »). C’est sous le règne de Louis XIII, vers 1637, que la famille y fait bâtir un manoir.

moncan historiqueDans un premier temps, Moncan se limite à un bâtiment de plan rectangulaire desservi par un chemin situé à l’est (avenue de la Madeleine). Très vite, les propriétaires agrandissent l’espace d’habitation en reliant le logis principal à un petit pavillon existant. Cette extension, bâtie en 1685, offre au manoir une exposition plus favorable et une vue plus jolie sur la rivière. Le plan en équerre ainsi réalisé traverse les siècles et n’est complété qu’à la fin du XIXème par des tours d’angles carrées, une tour d’escalier sur la cour… et un accès sur la route de Crach (actuellement rue Abbé Joseph Martin).

Les familles Le Gouvello et Marin restent propriétaires du manoir sept générations durant. Avant d’émigrer à la Révolution, Joseph Pierre de Gouvello l’aurait vendu à Jean Claude Gillat, notaire. S’y succèdent ensuite Nicolas Delorme en 1808, Josias Toussaint en 1853, maire d’Auray, et René Pocard de Kerviler en 1857. C’est à l’initiative de ce dernier, ingénieur polytechnicien, que Moncan est complété à la fin du XIXème siècle.

Le manoir passe ensuite à Eugène Le Coupanec en 1873, au Marquis de Brisay en 1891 et aux frères Martin en 1914. Pendant la première guerre, Moncan héberge les militaires réformés pour tuberculose. A la fin du conflit, le commandant et « explorateur de la Chine » Vicel en fait l’acquisition. Ses héritières auront à subir l’occupation allemande. En effet, Moncan devient un lieu de repos pour les sous-mariniers allemands. Le neveu des demoiselles Vicel, le commadant Riou, et sa femme héritent de Moncan en 1968. M. et Mme Perroud l’achètent en 1988 puis le revendent aux actuels propriétaires en 2001. Depuis diverses restaurations intérieures et extérieures ont été engagées afin de redonner à Moncan toute sa beauté.

Extraits des articles parus dans le bulletin annuel n°3 de la Société d’Histoire et d’Archéologie du Pays d’Auray, «Visite du Manoir de Moncan » par Pierre Robino, Erwan Le Franc, M. et Mme Guillou.